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le laboratoire argentique – 1ère Partie : Introduction

Bonjour à tous amis photographe !

Aujourd’hui je vais vous présenter le projet que je monte depuis quelques semaines, et qui me faisait rêver depuis des années.

J’ai construis un laboratoire de développement argentique ! (en même temps, c’est un peu dans le titre)

Pour ceux qui ne savent pas du tout ce que c’est, le but de ces articles sera justement d’expliquer le fonctionnement et la construction de A à Z, et peut-être même, vous donner envie d’en avoir un !

ARGENQUOI ?

Alors l’argentique, c’est une ancienne méthode de prise de vue photographique. Mais si vous savez, celle qui utilise des pellicules photo !

Vous en avez surement déjà vu dans votre vie, chez les grands parents, en brocante, etc.
Et pourquoi ça se nomme « argentique » ? Et bien c’est parce que la bande est recouverte d’une pellicule ( 😉 ) de Bromure d’Argent. Sa particularité, c’est que les atomes d’argent vont réagir avec la lumière, et s’assombrir. Plus la pellicule est exposée, plus le Bromure d’Argent va se noircir,  donc permettre des dégradés qui retranscriront les détails présents lors de la prise de vue.

Pour les plus réactifs, certains d’entres vous auront remarqués que je dis que la lumière va noircir la pellicule, donc la lumière devient une ombre. Mais ce n’est clairement pas l’objectif, bien au contraire !

Cela s’appelle un « négatif« , car tout ce qui est lumineux sera sombre et vice versa.

Il existe plusieurs types de pellicule, déjà noir et blanc, couleur, 120, 135, etc. Moi je vais partir sur une pellicule noir et blanc de taille 24mm x 36mm (taille de chaque image). Le nombre de prise de vue totale sur une pellicule varie, 24, 36 poses. Ici pas question de mitrailler, vous allez apprendre à réfléchir chacune de vos photos 😉

Bon tout cela c’est bien joli, ça donne des images assez drôles et « intéressantes », mais ça ne représente pas du tout ce qu’on a vu à travers l’objectif !

Pour contrer ça, nous allons donc utiliser un projecteur qui va aussi agrandir l’image de la pellicule (et oui, vu que l’image d’origine ne fait que 24×36 mm quand même), qu’on appelle « un agrandisseur ». Cette projection agrandie se fera sur un papier photo spécial, car il se comporte comme une pellicule, il est sensible à la lumière.
Vous avez compris, on va donc créer un négatif du négatif ! Et donc retrouver l’image d’origine ! (c’est beau hein ?)

Bien sur, tout c’est la « théorie », il y a différents processus pour chaque étape, que je vais vous décrire ici pas à pas 🙂

1. LE LABORATOIRE / MATÉRIEL INDISPENSABLE

Pour pouvoir caresser l’idée de monter son propre laboratoire, il va falloir plusieurs pré-requis, ainsi qu’un minimum de matos. Bien entendu, nous sommes dans le monde de la photo, donc le temple du DIY, n’hésitez pas à construire vos propres outils nécessaires si vous le pouvez.

  • Tout d’abord, il faut avoir une pièce ou l’on pourra être dans le noir complet. En effet, nous allons devoir manipuler des objets qui sont sensibles à la lumière, le moindre photon trop aventureux pourrait complètement ruiner vos photos.
    Bon j’exagère un peu, dans mon labo on peut voir un léger filet de lumière sous la porte, mais il est faible, et pas orienté vers la zone sensible. Mais bon, il faut quand même viser le maximum 😉
    Pour ma part, j’ai scotché des sacs poubelles sur les carreaux de mes fenêtres, comme ça c’est efficace (vérifiez que la lumière ne passe pas au travers bien sur), et en plus, je peux toujours les ouvrir pour aérer (vous allez voir, c’est important).
  • Deuxième point le plus important dans le labo : l’agrandisseur !
    Cet appareil est composé d’une ampoule qui va projeter la pellicule à travers une lentille qui va agrandir l’image, de la possibilité de rajouter des filtres de couleurs pour modifier le contraste, d’un filtre rouge (on va voir plus loin pourquoi je précise), un objectif (oui oui, on peut régler l’ouverture du diaphragme) et bien sur de quoi modifier la hauteur et la mise au point. Le tout installé sur un plateau.
    Il existe enoooooormement de modèle, on ne traite pas de couleur avec une tête noir et blanc, et surtout c’est plus compliqué. C’est pourquoi nous allons voir uniquement le développement NB (noir et blanc). N’hésitez pas à fouiller sur les brocantes ou leboncoin.
  • Ensuite, la cuve de développement. C’est ça qui permet de pouvoir traiter votre pellicule. 
    elle est composée bien entendu d’une cuve opaque, d’une spire (la ou on va mettre la pellicule) et tout le nécessaire pour la fixer dans la cuve, et enfin un couvercle opaque qui permet de cacher la pellicule de la lumière mais pouvoir y insérer des liquides à l’intérieur.
    Je vous détaillerai son fonctionnement complet dans la 2eme partie 😉
  • Vu que j’ai souvent dit que ce qu’on manipule est très très sensible à la lumière, comment fait-on pour manipuler dans le noir ? Je vous rassure, on ne sera pas dans la pénombre. Il suffit de s’équiper d’une lumière dite « inactinique ». Cette lumière permet de voir le labo et a la particularité de ne pas influencer le papier photo (mais pas la pellicule, elle, elle reste sensible quoi qu’il arrive)
    Les ampoules pouvant être parfois onéreux, des alternatives existent, et elles sont étonnantes.
    En effet, les phares arrières rouges de vélo peuvent servir de lumière inactinique ! 
    Pour être sur que votre lampe de vélo est bien une ampoule inactinique, laissé exposer une bande de papier photo 15 minutes à cette lampe, et développez la. Si elle ressort blanche, alors la lumière n’a aucun impact sur le papier.
    C’est une alternative bien moins onéreuse 😉
  • Un point important, chaque seconde d’exposition sur le papier peut tout changer pour votre photo. Alors un chronomètre et des réflexes peuvent suffire. Mais vu qu’il va falloir aussi faire des tests, et que les mains supplémentaires ne sont toujours pas disponibles en vente, il va falloir s’équiper d’un « compte-pose ». Ce petit bijou possède une prise pour brancher l’agrandisseur directement dessus, on règle un temps donné, on appuie sur le bouton et l’agrandisseur va s’allumer le temps donné puis s’éteindre tout seul (que du bonheur).
  • Enfin, il reste à avoir 3 cuves de développement pour pouvoir y mettre nos produits chimiques et immerger nos photos à l’intérieur pour le processus de développement.

2. ACCESSOIRES SECONDAIRES

  • Il reste bien entendu pleins d’accessoires secondaires mais qui sont un vrai plus. 
    Comme par exemple le margeur. Il s’agit d’un plateau avec des lames pour permettre de créer un cadre blanc autour de la photo. C’est un outil qui peut être assez onéreux, alors si vous êtes un peu bricoleur, c’est du confort !

    des pinces pour pouvoir attraper les photos dans les bacs chimiques (vaut mieux éviter de les prendre avec les doigts, conseil hein) ainsi que des pinces à linge pour accrocher les photos traitées par la suite (ne prenez rien qui est fait en bois, car cela va absorber le liquide, et pour les pinces a linge, faites attention à la forme de la pince, pour ne pas laisser une marque sur le papier).

    Le scoponet (si si, ça existe), qui permet de faire la mise au point de l’image projeté, pas indispensable si vous avez des bons yeux, mais clairement du confort.

Avec tout ça, vous aurez tout le matériel pour pouvoir développer vos pellicules et photos argentiques chez vous 😉

Ceci n’est qu’une introduction, je vais expliquer le développement pas à pas dans les prochaines parties.

Sur ce, je vous souhaites une bonne journée, et bonne chance pour récolter et monter votre laboratoire personnel 😉

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1 Comment

  1. De la Guerra 15 mai 2019

    Bravo fotisto!
    Super article…😊
    Hâte pour la suite !!
    Et à la fin un ebook?😜

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